Alors qu’en Éthiopie la rentrée scolaire 2025-2026 s’ouvre dans la région d’Amhara avec l’objectif ambitieux d’inscrire 7,4 millions d’élèves, des conflits armés, l’insécurité, les sécheresses et les inondations continuent de priver des millions d’enfants à travers l’Afrique de leur droit fondamental à l’éducation. Celle-ci n’est pas seulement un droit, elle représente aussi un levier crucial pour réduire la pauvreté, favoriser la paix et soutenir le développement durable sur le continent.
En Éthiopie, la rentrée scolaire 2025-2026 s’ouvre dans la région d’Amhara avec l’objectif ambitieux d’inscrire 7,4 millions d’élèves. Pourtant, seuls 2,8 millions d’enfants sont enregistrés à ce jour, alors que les cours doivent débuter le 16 septembre. Les autorités espèrent combler ce retard, mais la réalité demeure plus sombre : conflits armés, insécurité, sécheresses et inondations continuent de priver des millions d’enfants de leur droit fondamental à l’éducation.
La Convention relative aux droits de l’enfant (CDE), adoptée par les Nations unies en 1989 et ratifiée par presque tous les pays africains, reconnaît le droit de chaque enfant à une éducation gratuite et obligatoire au moins au niveau primaire. L’Union africaine réaffirme également, à travers la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, cette obligation des États à protéger et garantir l’accès à l’école.
Cependant, malgré ces engagements juridiques, des millions d’enfants en Afrique restent privés de ce droit fondamental. Les causes sont multiples : pauvreté, mariages précoces, travail des enfants, manque d’infrastructures scolaires, conflits armés et catastrophes naturelles. Ces obstacles compromettent non seulement l’avenir des enfants, mais aussi le développement social et économique du continent.
Dans de nombreuses régions africaines, ces droits restent difficiles à appliquer. En Éthiopie, l’instabilité a privé 2,5 millions d’élèves d’école en 2023/2024 et empêché 4,1 millions d’autres de s’inscrire en 2024/2025. Cette réalité se répète ailleurs : au Sahel, au Soudan ou encore en République démocratique du Congo (RDC), des milliers d’établissements scolaires sont détruits ou occupés par des groupes armés, condamnant des millions d’enfants à rester hors de l’école.
Garantir l’accès à l’école en Afrique ne peut se limiter à des annonces d’inscriptions. Il faut sécuriser les régions touchées par les conflits, reconstruire les infrastructures scolaires, former et protéger les enseignants, et surtout soutenir les familles frappées par les crises économiques et climatiques. Le droit à l’éducation reste inséparable des autres droits de l’enfant : droit à la protection, à la santé, à l’alimentation et à un environnement sûr.
À l’heure où l’Amhara tente de redonner un souffle à son système éducatif, la situation met en lumière un défi plus vaste pour le continent : faire du droit à l’éducation une réalité, même dans les contextes les plus difficiles. Car chaque enfant africain a droit non seulement à un pupitre et à des manuels, mais aussi à un avenir où apprendre n’est plus un privilège, mais une garantie. Selon la Banque mondiale, chaque année supplémentaire de scolarisation peut accroître les revenus futurs d’environ 10 %. L’éducation n’est donc pas seulement un droit, mais aussi une clé essentielle pour réduire la pauvreté, renforcer la paix et soutenir le développement durable en Afrique.